1. Récolter l’amour avec une pincée de fines herbes

    C’est un peu comme ton nouveau plant de basilic que tu viens d’acheter parce que ta voisine qui a vraisemblablement le pouce plus verdâtre que le tien te fait suer à mort avec sa reproduction du Jardin Botanique sur le balcon que vous partager, si tu lui donnes pas un peu d’amour, il va finir à la même place que tes 42 précédents plants de basilic et tes bruschettas vont manquer de goût.

    C’est un peu plus compliqué que ça mais pas au point de froncer les sourcils parce que tu comprends rien. C’est un peu plus compliqué parce que ça implique des humains et la seule chose plus compliquée que l’Humain en tant que tel c’est l’Amour entre Humains. (Ça fait pas mal de lettres majuscules, mais faut pas que tu te laisses intimider) Panique pas parce que même si l’horticulture c’est pas ton hobby numéro 1 dans tes infos perso sur Facebook, t’es quand même éligible au grand jardin de l’amour. Je pense que c’est aussi complexe, parce qu’en 2014, on aime de moins en moins semer, mais de plus en plus récolter. On voue un culte inexpliqué à la loi du moindre effort mais on fait des statuts révoltés quand les résultats n’atteignent pas nos standards perchés sur la lune en prenant bien soin de faire comprendre à nos 564 amis que c’est la faute de Jean-Marie Corbeil et de Monsieur Net, mais surtout pas de la nôtre. Pendant ce temps, mine de rien, notre plant de basilic manque d’eau et de pas mal d’amour. J’ai vu des gens arrêter de s’aimer parce se dire bonne nuit était devenu inutile. Ok, c’est pas une biographie, mais tu comprends le principe. Je me suis rendue compte que si je dis pas à la fille que je veux pas qu’elle vide la moitié de la mayo dans mon 6 pouces du Subway, elle le devinera pas pis la seule personne qui va sacrer en prenant une bouchée de mon sous-marin à la mayo au poulet, ben c’est moi. C’est plus un problème d’oestrogène ça je pense. On prend nos chums pour des Messmer pis on est déçu parce qu’il n’est pas capable de nous faire danser le French Can-can. On de même des fois, les filles, on le sait en plus. C’est ben ça le pire. On fait pas de liste de Noël et on passe le mois de Décembre à dire à notre chum que cette année on se fait pas de cadeau, parce qu’on veut économiser pour notre voyage tout inclus à Puerto Marco Polo. Les deux on est d’accord, on se fait promettre de rien s’acheter, on fait un pacte de sang et on fait signer un témoin, mais on fini quand même par briser toute forme de fidélité en lui achetant 15 petits cadeaux en espérant secrètement à voix haute qu’il va faire la même chose. Mais il fera pas la même chose parce que c’est un gars. Pis t’as dit à ce gars-là que t’en voulais pas, pis tu lui as pas donné de liste non plus. Il s’est même pas posé la question et puis le matin de Noël il va avoir chaud quand il va te voir arriver avec des 15 cadeaux emballés séparément en sachant très bien qu’il va devoir se justifier dans 5 minutes. C’est là que j’arrive avec ma théorie de verdure à 5 cents, si ton chum arrose votre plant de basilic à tous les jours et que toi tu t’arranges pour qu’il ne manque pas de soleil, bon ben je te jure que vos bruschettas manqueront jamais de goût.

    *Jean-Marie Corbeil, j’ai rien contre toi, c’est pas de ta faute. On s’appelle et on déjeune.

     

  2. Au conditionnel moins-que-parfait

    On s’espère et on se perd, on s’ennuie et on se nui. 

    Jusqu’à quel niveau d’abstinance peut-on résister à nos cris internes, jusqu’à quel point peut-on se vider la tête dans une mare d’incertitude avant de n’y atteindre le sous-estimé point de non-retour. Combien de mots dénués peuvent s’aligner sans qu’on s’indigne. Combien d’années gaspillées auraient dû être recyclées. Combien de baisers volés se sont empruntés. Combien de questions égarées doivent s’enchainer avant qu’on se retourne.

    Mais encore, si au moins.

     

  3.  

  4. 28 novembre 2010

    La date de mon premier article sous le nom de Fleur d’âme. J’ai choisi ce pseudo un peu naïvement, mais il me semblait si plein de potentiel. J’ai pensé, à maintes reprises, de me recréer un blog, un blog d’adulte avec mes idées d’aujourd’hui, mais je ne peux pas m’imaginer me défaire de mes veilles affaires, moi qui suis 0 matérialiste dans la vie en plus. Je m’identifie encore plus aujourd’hui à Fleur d’âme, parce qu’elle a vieillit, parce qu’elle a aimé, qu’elle a pleuré, qu’elle s’est trompée. Je me rends compte qu’une Fleur qui vieillit c’est une Fleur beaucoup trop occupée, qui n’a malheureusement plus autant/assez de temps pour enchaîner des beaux mots et divertir les esprits. 

    J’existe encore, je suis à l’ombre.

     

  5. Où est Charlie?

    On aime ça se coller même quand on a la peau rugueuse, la peau qui érafle et qui pique. On aime ça se frencher même si on vient de manger un crockpot d’oignons à l’ail avec du fromage qui goûte fort pis encore d’la sauce à l’ail du Amir. On aime ça se raconter nos rêves le matins entre deux crottes d’yeux et deux-trois drafts d’haleine de nuit trop longues. Si c’pas d’l’amour ça, je sais plus c’est quoi. C’est facile de trouver l’amour comme quand tu chercher Charlie qui est le seul mongole habillé en ligné rouge et blanc à Cancun, c’est facile d’identifier l’amour comme c’est facile d’identifier les cons pis les connes pis les beaux pis les pas beaux. C’est facile quand t’as rien eu à chercher ni à identifier pendant 2 ans. Fuck que c’est long 2 ans à te dire que ben non t’es mieux toute seule dans le fond, GÂ, t’es pas obligée de te raser les jambes, fille. HEIN, c’est nice ça. Ben non c’est pas nice moi j’avais envie de me raser les jambes tout le temps, mais y avait jamais personne pour me les flatter mes jambes pas de poil, fait que je suis devenue la fille qui se laisser pousser le poil des jambes pis qui s’en crissait parce que j’étais-tu ben toute seule. Sauf que 2 ans à essayer de te convaincre que t’as pas besoin de personnes pis à identifier juste des cons, ben un moment donné tu manques d’arguments. Ça se peut que tu te couches pis que tu mouilles ta taie d’oreiller double qui prend trop de place dans ton lit parce que tu dors toujours toute seule criss. Ça se peut aussi que tu la remouilles le matin quand t’arrives pour raconter ton rêve pis que finalement t’es toute seule à avoir l’haleine du matin pis ça fait chier. Ça se peut que même ta BFF un jour se trouve de quoi à faire un samedi soir à place de manger du gâteau McCain avec toi habillée en mou. 2 ans c’est une couple de samedis soirs solitaires pis encore plus de matins tristes. Parce que même si t’es pas une drama-queen dans ‘vie, tu vas finir par brailler parce que t’en a plein ton cass’. C’est de même. Mais un jour la fée-marraine va finir par changer ta vieille Corolla laite en BM ou une autre métaphore de Disney pas croyable, pis crois-moi crois-moi pas, ben tu vas le trouver ton mongole avec la tuque rouge pis les shorts bleues au club med. Il va te dire que t’es belle quand tu seras pas maquillée pis tu le croiras pas, il va vouloir te frencher tout le temps pis il va s’en foutre de ton ventre de fille qui fait pas du crossfit. Il va te faire changer ton oreiller double pour 2 oreillers simples pis ça te feras même pas chier. Ça se peut même qui te dise qu’il t’aime pis là tu vas capoter pis tu vas appeler ta BFF pour lui dire que tu viens de trouver un non-con. Pis c’est nice pour vrai ça. Le temps va passer pis tes samedis soirs vont redevenir cools pis tu vas avoir quelqu’un pour partager ton rêve où Brad Pitt kidnappe ta soeur en bobettes mauves, LÀ, tu vas te faire un high-five à toi-même de pas avoir été conne pendant 2 ans et de te respecter. Ça aura valu la peine.

     

  6. Ce qui est triste c’est qu’il y a des filles qui croient qu’elles seront plus heureuses le jour où elles auront les cheveux longs et que leurs os de clavicule seront apparents. Ce qui est encore plus triste, c’est qu’elles en sont convaincues. Jusqu’au jour où leurs cheveux seront longs et qu’elles se seront privées de manger tout ce qu’elles aiment, ce jour-là, elles vont continuer d’envier la fille d’à côté; celle qui est bien dans sa peau.

     
  7.  

  8. lesecriveuses:

    Au restaurant. Celui où on tamise les lumières quand le soleil se couche, celui où on choisi un vin en fonction de son pays d’origine et qu’on le sirote à la lueur de la chandelle de table que la serveuse avec les oreilles trop ouvertes à pris bien soin d’allumer quand elle sentait que nos mots…

     

  9. lesecriveuses:

    Celui que toutes les célibataires s’imaginent en se couchant le soir, celui qui viendra briser le mauvais sort et qui leur feront revivre l’amour, avec un grand « A » pis toute là. Le gars qui t’aborde dans un bar, mais pas avec une pick-up line de mononc’ qui boit trop de gin, celui qui va…

     
  10.